Crime de lèse-Nation, éloge de la vertu

Publié le par François Kuss

Comme de nombreux militants de gauche, j'ai découvert aujourd'hui les aveux de l'ancien Ministre du Budget, Monsieur Cahuzac. Comme beaucoup de partisans du progrés, je me sens trahi, en colère, indigné, meurtri. Comme tant d'engagés en faveur de la justice sociale, je redoute à présent les conséquences terribles de cet acte infâme, qui conduit à jeter le discrédit sur l'action politique et va nourrir la fièvre des extrêmes, notamment du FN.

 

Pourtant, puisque le tonnerre gronde et qu'il est trop tard pour se boucher les oreilles, j'y vois l'occasion pour la gauche, peut-être une des dernières, de revenir à ses fondamentaux et de profiter de ce "crime de lèse-Nation" comme l'on disait sous la Révolution Française, pour s'inspirer, enfin, des principes énoncés il y a de cela deux siècles lors de la fondation de la République et qui sont trop souvent oubliés.

 

Ces principes, Robespierre les a traduit en un discours simple, un rapport sur la vertu du 17 pluviôse An II, que je vous livre ici :

 

"Il est temps de marquer le but de la Révolution et le terme où nous voulons arriver. Quel est le but où nous tendons ? La jouissance paisible de la liberté et de l'égalité. 

 

Nous voulons un ordre de choses où toutes les passions basses et cruelles soient enchaînées, toutes les passions généreuses et bienfaisantes éveillées par les lois ; où l'ambition soit le désir de mériter la gloire et de SERVIR la patrie ; où les distinctions ne naissent que de l'égalité même ; où les citoyens soient soumis au magistrat, le magistrat au peuple, et le peuple à la justice ; où la patrie assure le bien-être de chaque individu, et où chaque individu jouisse avec orgueil de la prospérité et de la gloire de la patrie ; où toutes les âmes s'agrandissent par la communication continuelle des sentiments républicains et par le besoin de MERITER l'estime d'un grand peuple ; où les arts soient la décoration de la liberté qui les ennoblit ; le commerce, la source de la richesse publique, et non pas seulement de l'opulence monstrueuse de quelques maisons.

 

Nous voulons substituer dans notre pays la morale à l'égoïsme, la PROBITE à l'honneur, les principes aux usages, les DEVOIRS aux bienséances, l'empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l'insolence, la grandeur d'âme à la vanité, l'amour de la gloire à l'amour de l'argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l'intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l'éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l'homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c'est-à-dire toutes les VERTUS et tous les miracles de la République à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie.

 

Nous voulons en un mot, remplir les voeux de la nature, accomplir les destins de l'humanité, tenir les promesses de la philosophie, absoudre la Providence du long rène du crime et de la tyrannie. Que la France.. devienne le modèle des nations, l'effroi des oppresseurs, la consolation des opprimés, l'ornement de l'univers, et qu'en scellant notre ouvrage de notre sang, nous puissions au moins voir briller l'aurore de la félicité universelle. Voilà notre ambition, voilà notre but."

 

Robespierre, l'Incorruptible, en raison de la Terreur, pâtit d'une légende noire, y compris au sein d'une certaine gauche, moins sociale, plus libérale. Cependant, au nom de la Vertu républicaine, et si enfin la gauche revenait à ces/ses fondamentaux..?  Alors nous pourrions redresser le pays dans la justice.

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