Du bon usage des médias sociaux

Publié le par François Kuss

Le magazine Stratégies m'excusera de plaggier lâchement le titre de sa UNE du 9 février (un dossier dont je recommande la lecture), mais dans le tourbillon communicationnel qui enserre notre quotidien, les médias sociaux semblent devenus le nouvel eldorado, la nouvelle frontière de toute stratégie de communication, au risque d'un présentéisme creux et sans fondement.

 

Abreuvé de statistiques à faire tourner la tête, tout le monde reconnaît aujourd'hui qu'il faut y être. Sauf qu'au delà de l'effet d'image et de la volonté de montrer le caractère innovant de sa communication, les médias dit "sociaux" ne sont pas des médias comme les autres.

 

Enfants de l'instantanéité, leur valeur, et la valeur qu'ils apportent à toute communication se fonde sur l'interaction qu'ils sont à même de générer entre "fans", "followers" de l'institution ou de la marque..  Dés lors la question à se poser pour tout communicant n'est pas tant "pourquoi y être" sinon "comment y être ?"

 

En gros, plutôt que de chercher à faire la course aux fans, même si c'est un indicateur important et, à ce titre, un récent classement entre Régions place l'Auvergne dans le peloton de tête des régions présentes sur les réseaux sociaux  (ce qui fait toujours plaisir) ; il est important d'établir une stratégie de conversation, d'apporter du contenu, bref, de revenir aux fondamentaux de la communication, à savoir que sans fond, la forme importe peu.

 

Sans histoire à raconter, sans récit à mettre en scène, il est inutile de prendre la parole, au risque de décevoir, de frustrer, voire même de perdre définitivement l'attention des personnes à qui l'on souhaite s'adresser. De même, au delà d'une communication descendante, il importe aussi de mettre en oeuvre une communication ascendante, comme peut l'être une plateforme de blogs sur le mode auwwwergne.com

 

A l'heure du lancement de la communication sur mon dernier polar historique, "Echec au Roy" ; communicant moi-même, je me trouve pris entre deux feux. Paradoxe de l'abondance d'outils quand on prêche la rareté..

 

Les médias sociaux offrent une fenêtre de communication gigantesque et exponentielle, ils démultiplient les outils à disposition et il est facile de céder à cette tentation de la visibilité : compte Twitter, page fan sur Facebook, vidéos sur Dailymotion, hub sur viadéo, désormais compte sur Google +.. on pourrait passer sa vie à coloniser la galaxie, l'univers même des médias sociaux et faire du cybersquatting, sans efforts d'animation.  

 

Il importe désormais de raison garder, de limiter son appétit de communication pour mieux donner du sens. Plutôt que de poster mes publications, j'avoue être impatient des publications, sur mes murs, comptes, etc.. de mes lecteurs, de l'échange qui pourra se nouer, des explications que je pourrai apporter, de l'apprentissage que je pourrai faire de leur lecture.. et ce car une fois publié, un livre n'appartient plus à l'auteur mais à ceux qui le lisent.

 

Bref, faîtes bon usage des médias sociaux pour me dire tout ce que vous pensez d'"Echec au Roy"  !

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Anne Duprez 15/04/2013 18:05


Un article qui me semble frappé au coin du bon sens. C'est en effet une question que je me pose souvent : qu'est-ce que je fais sur Facebook où je ne publie rien que des commentaires, et encore.
N'ayant ni chat ni chien, je n'y fais même pas de figuration "en fond de page". Un auteur qui a tant de bon sens doit écrire des livres intéressants : je vais aller voir son blog. Petit bémol :
la couleur jaune du blog n'est pas très lisible. Bonne route pour "Echec au Roy", même si le titre ne me branche pas trop, mais je n'ai rien à dire : la 4ème de couverture de "Des Visions et des
songes"(http://anneduprez.perso.sfr.fr/) fait fuir tout lecteur, même bien intentionné.