Ecriture médiatique..

Publié le par François Kuss

Ce soir, divine surprise dans la boîte aux lettres, le premier exemplaire de mon second roman patientait sagement. Docile, il attendait  que mon planning serré daigne m'accorder du temps pour venir le recueillir..

 

L'accouchement s'est bien déroulé et c'est, fébrile, espiègle comme un écolier que j'ai ouvert l'enveloppe à bulles, pour découvrir la couverture, le grain du papier.. qu'à plusieurs reprises je me suis mis à feuilleter, encore et encore, à toucher bref, à me réapproprier sous une forme nouvelle le fruit de mon labeur.

 

Le délaissant quelque peu, il fallait que j'écoute François Hollande sur le 20h de TF1 puis que je ne manque sous aucun prétexte les épisodes 3 et 4 de la série "Borgen - Une femme au pouvoir" sur Arte ; je viens de passer une bonne heure à lire quelques extraits de ma prose, qui paraît désormais si différente, autre..

 

Et l'esprit faisant son chemin, tout en songeant à la politique actuelle, aux éléments de langage qui parsèment les discours des candidats ( je renvoie au fameux "capitaine à la barre" de Sarkozy hier soir qui était d'un ridicule tant ses spins doctors ont usé de cette métaphore depuis 6 mois..) ; tout en pensant également à ce que j'ai voulu écrire à travers ma passion de l'histoire avec "Echec au Roy" ; je viens enfin de comprendre pourquoi j'adore tant l'histoire, la com et la politique.

 

Ces trois domaines ont en commun la mise en récit comme condition première de leur existence et de leur perpétuation. Ces trois domaines ont en commun l'écriture.

 

Première passion, la plus vieille, la plus intense, la plus vive : l'histoire. L'histoire commence avec l'écriture. Les peuples aux traditions orales, s'ils peuvent certes prétendre au rang de civilisation, ne peuvent prétendre tenir une place dans le livre de la vie des hommes. Tout au plus sont-ils aujourd'hui requalifié d'art premiers, balayés par la force des autres histoires qui ont fixé par des mots, pour l'éternité, ce qui fut et donc ce qui sera.

 

Deuxième passion, la plus dévorante, la plus intransigeante, la plus dangeureuse sans doute : la politique. Envie de servir, de convaincre, de faire, de bâtir. Mais la politique est aussi l'art de vaincre, et qu'écrivent les vainqueurs ? L'histoire ! Ainsi la boucle est bouclée..  Tout homme d'Etat en France est un écrivain. Sa vie, ses actes, ses réalisations sont la plume du temps présent et à venir. C'est d'ailleurs à cela que l'on reconnaît les hommes d'Etat des politiciens. Ils laissent leur marque dans le grand livre. Leur vie est une mise en récit. Récit de la Nation dans lequel il insère leur récit individuel. 

 

Dernière passion, la plus récente, la plus exigeante car elle ne laisse aucun droit à l'erreur, la plus flexible, sans doute la plus dure : la communication. Les romains l'appelèrent rhétorique, l'Eglise inventa l'évangélisation, les monarques usèrent du récit dynastique et les philosophes inventèrent l'Encyclopédie pour déployer leurs Lumières.. Bref, de tous temps la communication fut une mise en récit, une réécriture de l'information. Travestie elle devint de la propagande, orientée elle devint de la publicité, assumée elle est une écriture médiatique.

 

"Tout, au monde, existe pour aboutir à un livre" disait Mallarmé... Le mien est là. Il parle d'histoire beaucoup, de politique aussi, et désormais il convient que j'en assure une bonne communication.

 

Le temps de l'écriture est fini, celui de l'écriture médiatique commence !   

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