Entrer en écriture..

Publié le par François Kuss

Déjà plus d'un mois que je n'avais noirci cette page virtuelle, trop houspillé par le quotidien et harcelé par l'urgence, ces servitudes dont on ne guérit qu'à force de patience, de travail et de détermination.

 

Se délivrer du monde n'est pas chose aisé, tant la volonté d'exil doit affronter le mur de verre des nécessités de notre état terrestre.. C'est donc avec joie qu'à nouveau ce soir "j'entre en écriture" pour cheminer, le temps d'un week-end, vers la concrétisation de ce deuxième opus qui me tracasse tant.

 

Car sans doute entre-t-on en écriture comme l'on tombe amoureux, par espérance, sans cesse à la quête de cette fusion, impatient de ce moment unique où le duo vient à la grâce dans une seule âme et s'en retrouve instantanément inquiet à considérer qu'il pourrait ne plus jamais vivre ce moment fugace.  

 

Cette sensation est d'autant plus troublante avec les mots qu'ils fuient souvent la pensée.. "Présente, je vous fuis, absente, je vous trouve". Phèdre, une bonne conseillère ? Décidément les similitudes des deux états sont frappantes.

 

Evidemment, au terme de près de 200 pages déjà écrites de ce nouveau polar historique, je ne crains plus la page blanche, car le sourire fécond de la plus vive des clartés berce mon inspiration.

 

Mais, au seuil d'un nouveau chapitre, me voici inquiet de ne trouver les voies qui feront que cet étrange attelage entre l'esprit et le verbe, dans le tourbillon du je t'aime moi non plus auxquels ils se livrent malignement, n'arrivent à faire bon ménage.

 

Vraiment à l'instar de l'état amoureux, lorsque l'on entre en écriture, emporté par le lyrisme d'une aventure inouïe qu'est celle de raconter le monde, enivré de la toute puissance que confère la clé des possibles, horizons pétris et modelés à l'envie derrière son écran; habitué au bonheur de ce chemin de croix que l'on arpente joyeux car chaque étape en est une réalisation; on ne peut envisager sauf à regret, plein d'un sentiment mêlé de tristesse et de mélancolie qu'il faille, au bout d'une page, apposer le mot fin. 

 

RDV donc à la fin du week-end pour connaître la suite.. Soit la rupture sera consommée et j'aurais enfin terminé cette relation avec mon second roman ; soit je quémanderai encore quelques secondes au bourreau pour m'abandonner à cette douce torture, celle de replonger en écriture.

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embertine mazet 27/11/2010 16:15


" Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit, c'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour" Christian Robin
J'espère que le week-end sera fructueux
cordialement
embertine