Fact checking, une chance pour la démocratie !

Publié le par François Kuss

Récemment, parlant du bon usage des médias sociaux, j'abordais la question de leur pertinence sur le mode, vital à mon sens, de la création de contenus.

 

Ce soir, à l'occasion du visionnage de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2, allant plus loin que la simple écoute de Nicolas Sarkozy, j'ai testé une autre facette de la puissance des médias de l'ère numérique, à savoir la possibilité, non pas de créer des contenus mais de vérifier, en temps réel, pour les enrichir, les démentir, ou tout bonnement les relayer, les contenus proférés par le candidat sortant et son contradicteur, Laurent Fabius.

 

Comme il n'est pas de communiquant crédible qui n'utilise des anglicismes jargonnants, je vous dirais donc que je me suis laissé tenter par le "buzzword" (le concept qui fait parler de lui) du moment ; à savoir, via le système du "livetweet",  le "fact checking".

 

Combien d'entres nous n'ont pas, par le passé, bondi sur leur canapé devant un débat politique, envieux de remettre à sa place tel ou tel, pestant contre sa mauvaise foi, s'énervant contre ses propos mensongers ? je ne sais si vous vous reconnaîtrez, mais je suis de ceux-là ;-) 

 

Or avec le "fact checking", cette vérification en temps réel des faits permet aujourd'hui non seulement de réagir en direct mais de partager cette réaction, de la relayer, de faire naître un contrepouvoir citoyen face au monologue, si peu souvent contredit, de l'invité.

 

Ce soir, le Président aura, comme lors d'un meeting et face, malheureusement, à une presse encore trop servile, assené beaucoup de contrevérités. Reconnaissons toutefois à France 2 d'avoir ressorti de leurs archives l'épisode de 2007 où Nicolas Sarkozy reconnaissait face à Arlette Chabod que s'il n'atteignait pas le plein emploi en 2012, ce serait un échec.

 

Mais au delà, il est stupéfiant de voir combien la TV demeure à l'écart des tendances lourdes qui rénovent les pratiques démocratiques et redonnent le pouvoir au citoyen. Car in fine, aussi importante que sera l'audience du débat, elle ne pourra gommer l'influence du débat parrallèle qui s'est crée sur twitter. Les médias traditionnels en ont-ils pris la mesure ? J'en doute.

 

Plus personne ne peut désormais énoncer tout et son contraire sans que la masse d'anonymes vérifie, relaie, informe ses amis, alerte, bref, se mobilise. C'est, je le crois, une chance pour la démocratie. Cela incitera certainement à moins de paroles en l'air, et à plus d'actes. Car si la TV permet encore de pratiquer, comme l'a fait Nicolas Sarkozy ce soir, la politique du coup de com', du matamore et du fier à bras ; incapable de tenir un propos qui ne soit pas outrancier et souvent faux, grâce aux médias sociaux le temps de l'ORTF est définitivement révolu.

 

Ce soir le fact checking a bien mis en évidence qu'on ne peut mentir indéfiniment et, comme l'a admirablement dit Laurent Fabius, que le bilan du candidat sortant, c'est son boulet !

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