" Qu'ils mangent de la brioche "..

Publié le par François Kuss

Marie-Antoinette n'a sans doute pas prononcé cette phrase en réponse à la demande de pain du peuple, mais le fait qu'elle soit passée à la postérité atteste du climat qui régnait entre les gouvernants et les français en 1789.

 

Que ce soit pour les nobles, les privilégiés, la Cour, la France était leur patrimoine. Et aussi caricaturale qu'elle soit, cette formule marque la césure qui existait entre ceux qui s'estimaient les détenteurs naturels, de droit divin, de ce "patrimoine" ; et leurs "sujets", par essence soumis, juste utiles à besogner pour le bon plaisir du prince.

 

Depuis lors l’Histoire, ce tribunal tortueux, gardien de tous les possibles, a fait pencher la balance du côté démocratique. Mais si les sujets sont devenus des citoyens, si l'intérêt général a peu à peu gagné droit de cité, balayant la monarchie au profit de la république, l'éternelle lutte demeure.

 

Entre le camp de la conservation et celui du progrès. Car la République n’est qu’un mot si à son faîte, celui qui la préside consacre son œuvre à défendre les nouveaux privilèges de la fortune, prêchant, à revers, pour le plus grand nombre la rigueur et les efforts.

 

Le peuple chôme « mais il n’a qu’à travailler plus » ! La dette est colossale mais on réforme (encore) l'impôt sur la fortune pour alléger le fardeau de ceux qui le paient.

 

Parfaits échos à l’ineptie de la réaction supposée de Marie-Antoinette, celles du Président Sarkozy hier soir renforcent le besoin d’alternance. Sa prestation, arc-boutée sur le déni de ses responsabilités dans l'accroissement d'une dette insupportable et la remise en cause des derniers acquis sociaux du salariat (retraite à 60 ans et 35h), signe l'agonie d'un régime déjà ancien mais pas encore révolu.



Un régime usé, obsédé par le besoin d'être fort avec les faibles, mais qui reste en somme faible avec les forts, notamment les forces de l'argent.

 

Un autre chemin existe, celui du réenchantement du rêve français comme le propose François Hollande, fondé sur un nouveau 4 août, c'est-à-dire une réforme fiscale plus juste ! Car il est plus que temps que le peuple ait droit à "la brioche", il est plus que temps que la République redevienne sociale !

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