Storytelling et pains au chocolat

Publié le par François Kuss

Il y a une dizaine de mois, je posais la question dans un précédent article de la pratique du "storytelling", nouveau talisman des acteurs publics et privés et de leur conseillers en communication et spin doctors.

 

Malgré ses écueils, qui s'apparente plus au coup de com' qui tue la politique,  cet usage reste vivace, surtout lorsque des personnes doivent jouer leur va tout comme vient de le faire de manière assez ignoble Jean-François Copé via la parabole du musulman racketeur de pains au chocolat à la sortie du collège, accusé de vouloir imposer sa pratique cultuelle du Ramadan à ses camarades de classe.. et ce alors même que depuis deux années consécutives ce rite se déroulé l'été, c'est-à-dire hors périodes scolaires. Dur dur de se faire racketer !

 

Boulette d'un conseiller ? Evidemment non car qu'importe la véracité de l'histoire, l'essentiel est de l'imposer dans le débat, de faire vibrer le coeur de ses électeurs dans le cadre de la campagne interne à l'UMP et pourquoi pas, grignoter quelques sympathies auprés de brebis égarées en territoire frontiste.

 

Et ainsi s'impose le storytelling du pain au chocolat.. Parce que les gens auraient besoin de croire, il conviendrait donc de leur raconter une histoire ? A défaut d'action et de sens, ce palliatif résoudrait-il tous les problèmes ? Voilà le secret, et le danger du storytelling. La puissance de la charge émotive comme remplaçante de l'analyse raisonnée et éclairée.

 

Mais quelle que soit la splendeur de la forme, elle ne remplacera jamais le fond. De même, la sensation ne remplacera jamais le sens, Et lorsque l'on avilit sa parole, alors le verbe devient verbiage. A bon entendeur..

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